By Marie-Laure Legay
Un « impôt sur les imbéciles », une « friponnerie », un « jeu merciless », un « fléau inventé par le despotisme »... Les hommes des Lumières n'avaient pas de mots assez durs pour dénoncer l. a. loterie royale, une establishment que tous les États européens ont mis sur pied au xviiie siècle. Les souverains encourageaient donc l. a. ardour du jeu, l’oisiveté, et captaient sans vergogne l’épargne de leurs sujets ? Faire croire que l’on gagne, tandis que l’on perd toujours, n’était-ce pas le propre d’un État corrompu ? Ou bien doit-on plutôt considérer l. a. loterie royale comme un outil d’ingénierie financière, le fruit d’une nouvelle rationalité publique ? l. a. loterie est incompatible avec le mystery de l. a. finance, encore défendu par les doctrines absolutismes du pouvoir. Son succès s’appuie nécessairement sur les gazettes, los angeles publicité, los angeles transparence, tant de l. a. roue de los angeles fortune hissée sur une estrade, que des comptes, motor vehicle tout soupçon de fraude doit être écarté. Pour los angeles première fois, l’État s’expose à ne pas perdre l. a. confiance du public. Les « calculateurs », — des plus savants, comme d’Alembert ou Condorcet, aux plus aventuriers comme le jacobite John Glover ou le vénitien Giacomo Casanova —, proposent des méthodes de profits qui garantissent un revenu everlasting, tandis que los angeles croissance du xviiie siècle permet le développement de l’épargne populaire. Voici donc que le hasard, combiné à l’abondance, génère un revenu public, un fonds de trésorerie que tous les souverains convoitent.